02.11.2009
Nicolas Sarkozy à l’offensive sur la réforme des collectivités
LaGazettedesCommunes.com
Nicolas Sarkozy, président de la République, a présenté dans les grandes lignes, le 20 octobre à Saint-Dizier, la réforme des collectivités sur un ton assez offensif, et sans annonce nouvelle.
«Prétendre que les collectivités territoriales ne font face à aucune difficulté, qu’elles peuvent rester à l’écart de l’effort de modernisation du pays, qu’elles ne doivent pas contribuer à la réduction de nos déficits alors que l’Etat s’endette, et donc la collectivité nationale, pour assurer leur équilibre financier, qu’elles peuvent continuer, indépendamment de tout transfert de compétence, à créer plus d’emplois publics que l’Etat n’en supprime, c’est un déni de la réalité et une fuite devant nos responsabilités communes», a-t-il affirmé après un long historique des institutions françaises de Philippe Auguste à nos jours.
Nicolas Sarkozy a ainsi pointé la hausse des dépenses des collectivités («40 milliards d’euros de dépenses supplémentaires entre 2003 et 2007 en dehors de tout transfert de compétence») puis, comme François Fillon et lui-même l’avaient fait un mois plus tôt, les augmentations de leurs effectifs («36.000 nouveaux emplois publics en 2008, hors transferts de compétences, pour 35.000 suppressions dans la fonction publique d’Etat»). Le ton était donné.
Après avoir décrit des élus «épuisés» et «ulcérés» par cette situation, le chef de l’Etat a déclaré : «Notre organisation territoriale pose un problème, nous le connaissons, nous devons l’affronter.»
Conseillers et compétences
Ce n’est que dans un second temps qu’il a défendu les différents aspects de la réforme. Sur les conseillers territoriaux tout d’abord, il a souligné qu’ils seront mieux à même d’organiser l’action des départements et des régions sur le mode de la complémentarité.
«Une meilleure organisation à moindre coût», souligne-t-il tout en observant que «la réduction du nombre des élus n’est ni un objectif en soi ni un slogan d’estrade».
Sur les compétences, ensuite, le président de la République veut «interdire» aux collectivités d’exercer des compétences attribuées à un autre échelon. «Cela n’exclut pas des exceptions : pour conserver, par exemple, le rôle indispensable des départements dans la solidarité avec les communes rurales ; pour préserver des compétences utilement partagées comme le tourisme ou la culture ; ou pour parer les situations pour lesquelles la loi serait silencieuse : un droit d’initiative du département et de la région pourrait alors être reconnu», a-t-il ajouté.
Interco et métropoles
Nicolas Sarkozy a ensuite plaidé pour la rationalisation de la carte intercommunale critiquant la hausse des effectifs des EPCI et le nombre de ces établissements. Il veut aussi «interdire aux régions et aux départements d’obliger les communes à adhérer à certains syndicats pour bénéficier de leurs aides.»
Il a enfin abordé le sujet des métropoles, puis celui des pôles métropolitains, devenus les «métropoles multipolaires» dans son discours, n’annonçant toujours pas de faits nouveaux par rapport à l’avant projet de loi transmis au Conseil d’Etat.
«Cette réforme ne tourne pas le dos à la décentralisation : au contraire, elle stimule l’initiative et les énergies locales», a-t-il indiqué avant de «se prendre à imaginer» que cette réforme puisse être votée par tous les bords de l’échiquier politique.
Les premiers textes, qui seront présentés le 21 octobre en Conseil des ministres, devraient selon, Nicolas Sarkozy, être discutés au Parlement «à compter de la mi-décembre». Un second texte venant préciser les grands principes posés en matière de compétences devrait être voté dans un délai d’un an après l’adoption du premier.
Bernard Accoyer souhaite que les collectivités diminuent leurs dépenses
Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a souhaité le 19 octobre que les collectivités locales diminuent leurs dépenses, notamment en réduisant leurs effectifs.
Il a affirmé sur BFM-TV que les collectivités locales procédaient à quelque "30.000 embauches par an", alors que "l'Etat, et c'est douloureux et c'est difficile" s'emploie à réduire les emplois dans la fonction publique. "C'est un effort courageux (de la part de l'Etat) et tout le monde doit diminuer ses dépenses", a-t-il ajouté.
"On a besoin d'une réforme profonde pour diminuer les dépenses des collectivités locales", a-t-il insisté, en jugeant que la réforme territoriale allait "dans ce sens là" avec la "suppression de 3.000 fauteuils" d'élus locaux. (AFP)
Pour en savoir plus
Retrouvez le dossier sur la réforme des collectivités :
http://www.lagazettedescommunes.com/reforme_des_collectiv...
Projet de loi de réforme des collectivités territoriales
http://www.legifrance.gouv.fr/html/actualite/actualite_le...
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Ile-de-France. Réforme des collectivités : L'Association Grand Paris veut que la région "bénéficie des avancées"
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Après le rapport de la Cour des comptes sur la décentralisation, l'Association Grand Paris a demandé le 28 octobre que la région Ile-de-France "soit logée à la même enseigne que les autres régions en bénéficiant des avancées du projet de réforme territoriale".
Cette association, créée en octobre 2006, présidée par l'architecte Antonio Duarte et regroupant plusieurs centaines de Franciliens et des experts, affirme que "la création du statut de métropole pour le Grand Paris permettra de mettre en place de vraies politiques intercommunales pour la première agglomération d'Europe".
"Avec 1.281 communes et huit départements qui découpent artificiellement le Grand Paris, l'organisation administrative de l'Ile-de-France est un pudding administratif indigeste pour les élus et les citoyens", estime l'association. Elle ajoute que "la métropole parisienne est demeurée à l'âge de pierre de la décentralisation alors qu'elle produit le tiers de la richesse nationale.
L'Association du Grand Paris dénonce notamment "l'éclatement invraisemblable des structures actuelles du logement social" alors que "la crise du logement frappe durement les Franciliens".
La Cour des comptes a estimé, dans un rapport public présenté la veille, que les objectifs que s'était fixés l'Etat en matière de décentralisation dans le cadre de l'acte II de 2003 n'ont pas été atteints, notamment en matière de clarification de la répartition des compétences.
Rapport public de la cour des comptes :
http://www.lagazettedescommunes.com/actualite/36159/decen...
Pour en savoir plus
Retrouvez le dossier «Grand Paris : un chantier capital» :
http://www.lagazettedescommunes.com/grand-paris/
Projet de loi relatif au Grand Paris :
http://www.legifrance.gouv.fr/html/actualite/actualite_legislative/grandparis.html
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François Fillon assure aux maires que La Poste ne sera pas "privatisée"
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François Fillon a écrit à tous les maires de France pour leur assurer que la transformation de La Poste en société anonyme à capitaux publics était "le contraire d'une privatisation", selon le texte de la lettre rendue publique le 20 octobre par son cabinet.
"La transformation du statut de l'entreprise est nécessaire pour que ses fonds propres soient renforcés. La loi confirmera que ces capitaux devront rester à 100% publics. Elle permettra l'apport de 2,7 milliards d'euros de capitaux publics", a écrit le Premier ministre le 16 octobre.
"Investir aussi massivement dans La Poste, c'est la preuve de l'attachement du président de la République et du gouvernement à son caractère de service public. Notre choix est donc bien le contraire d'une privatisation", a-t-il affirmé.
Selon François Fillon, "le statut actuel de La Poste et le poids de son endettement - six milliards d'euros - ne lui permettent pas d'investir massivement", alors qu'une "transformation" de l'entreprise est indispensable "sous peine de déclin assuré".
Le Premier ministre garantit aux Français et aux élus "que les missions de service public de La Poste" continueront "à être pleinement assurées à l'avenir".
Le projet de loi sur La Poste entame le 20 octobre au Sénat son parcours parlementaire, par un examen en commission, alors que la gauche entend batailler ferme pour empêcher son adoption et que les syndicats annoncent une nouvelle campagne de mobilisation après la votation citoyenne organisée début octobre.
http://www.senat.fr/dossierleg/pjl08-599.html
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